| | | Un peu d'histoire: | | Traditionnel hongrois | Audition sur la musique hongroise | enregistré à la Maison du Peuple à Saint Nazaire le 29 janvier 2001 Claviers : Alan Mossina - Jonathan Faggi - Benoît Willay. |
|
Diverses influences marquent la culture musicale hongroise. La musique sacrée occidentale fit son entrée en Hongrie sous la forme de chants grégoriens, avec l'introduction du christianisme. Au Moyen Âge, tous les textes musicaux conservés appartiennent à la musique d'église: ils sont en latin, avec quelques passages en hongrois. | |
Vers la fin du XVe siècle, l'hymne Gauda Felix Hungaria, marque les premiers pas vers une création originale. Un nouveau style vocal et instrumental, apporté par les Roms en provenance de l'Inde se développe à cette époque. D'autre part, la musique instrumentale s'épanouit avec la fanfare royale et la facture de nombreuses orgues. Sous le mécénat du roi Matias Corvin, l'introduction des cultures française, puis italienne et flamande est renforcée par le séjour d'artistes étrangers. |

 Musiciens hongrois | La destinée du pays change brusquement en 1526. En 1541, date de la prise de Buda par Soliman le Magnifique, le pays est divisé en trois, coupant ainsi une grande partie de la musique hongroise des traditions occidentales. La musique populaire hongroise adopte alors les harmonies orientales telle la construction de mélodies par mode ou gammes propres aux Turcs qui envahirent le pays aux XVIe et XVIIe siècles. | Les traditions protestantes influencent aussi de façon marquante la création musicale. |
Au XVIIe siècle, on privilégie le recours au style national dans les demeures seigneuriales. Les cours princières telle celle du prince Nicholas Esterhazy, à Eisenstadt, possédaient souvent leurs propres compagnies d'opéra et de théatre qui employaient des musiciens étrangers. Le compositeur autrichien Joseph Haydn en est l'exemple le plus connu, il travailla pendant 30 ans au service de la famille Esterhazy. |

| Quelques manuscrits importants nous permettent de mieux connaître la musique des résidences princières: Le Codex Kajoni, le codex Vietorisz, la Tablature de Löcse et le Recueil Stark. Les oeuvres religieuses de Janos Kajoni (1630 - 1687) et l'Harmonia Caelestis (1703) du palatin Pal Esterhazy nous donnent un autre témoignage. A cette époque, les villes se montrent accueillantes au courant autrichien.
|
|---|
|
|---|
L'émergence d'un style national: Les diverses guerres d'indépendances des XIIe et XIIIe siècles ont donné naissance aux Kurucs, chants des partisans, et aux verbunkos chant de recrutement. Ce dernier est construit en diptyque avec son lassu, danse lente, et son friss, danse vive. Les phrases sont très carrées, très rythmées; on retrouve notamment cette stucture en Europe centrale et orientale. Ferenk Erkel, premier compositeur local, composa l'hymne national et le premier opéra hongrois. Des noms comme Jozsef Ruzistska (1774 - 1824), créateur de l'opéra national (la fuite du roi Bélà, 1822) et de Gabor Matray (1797 - 1875), suivit de Komél Abranyi (1822 -1903 et de Mihaly Mosonyi (1815 - 1870) sont associés au développement de cette émergence. Franz Liszt (1811 - 1886) est la plus grande figure de la musique hongroise du XIXe siècle. | 
|
|
Pianiste virtuose et compositeur prolifique, il parcourt l'Europe, résidant tour à tour en Allemagne, en France et en Italie. Liszt n'oublia pourtant jamais sa patrie d'origine, qui, de la sonate en si m pour piano aux Rapsodies hongroises, marquent une grande partie de son oeuvre |
Jusqu'au début du XXe siècle, la musique allemande exerça une grande influence sur la musique hongroise. Les oeuvres d' Erkel et d' Ernest von Dohnanyi en sont très imprégnées. A partir de 1905, la musique hongroise s'affirme avec deux personnalités d'envergure européenne: | | | | | Bélà Bartok (1881 - 1945) et Zoltan Kodàly (1882 - 1967) délaissant le pittoresque verbunkos, parcourent les campagnes de Hongrie et de Transylvanie pour recueillir les danses et les chants paysans. Ils collectent et éditent ainsi des milliers de thèmes du folklore hongrois, fonds où ils puisent des éléments pour leurs propres oeuvres. Sans jamais céder au folklorique, Bartok parvient, à partir de cette source authentiquement populaire à édifier une oeuvre d'un style à la fois âpre et puissant. Kodaly, éminent pédagogue, transmet quand à lui son savoir à de nombreux compositeurs, parmi lesquels Laszlo Lajtha (1892 - 1963) et Sandor Veress (né en 1907). |
Depuis les années 70, quelques fortes personnalités dominent: | | Le chef d'orchestre et compositeur Peter Eötvos (né en 1944) a travaillé de nombreuses années auprès de Karlheinz Stockhausen à Cologne et de Pierre Boulez à Paris. | | György Ligeti (né en 1923), a émigré en 1956 en Allemagne. |
Lord Yehudi Menuhin, l'un des plus grands musiciens de notre époque disait : "J'aime l'âme hongroise et sa fierté"
"La musique hongroise et ses compositeurs m'impressionnent toujours. Quelle force ils vous inspirent ! Ils manient les notes comme un sculpteur sa matière première" Lord Yehudi Menuhin (1916-1999) violoniste, penseur, philosophe, défenseur de la paix était un admirateur sincère de la musique et de la danse populaire hongroise. Contemporain de Bélà Bartok et de Zoltan Kodaly qu'il interprétait remarquablement , il était aussi membre du Club International de Budapest qui se consacre à la rationalisation des sources d'énergie, et réfléchit sur l'avenir moral et spirituel de l'homme au tournant du millénaire de son histoire. |

Quelques grands personnages de la musique hongroise:
| | | Paul Abraham | Sandor Jemnitz | | | | Paul Kadosa | | | Bela Bartok | | | | Ernest von Dohnanyi | Bela Keler | | | Franz Erkel | | | | | György Ligeti | | | Paul von Janko | Thomas Stoltzer |
|
La musique tzigane: | La musique tzigane se confond avec la musique nationale hongroise. Née quelque part dans les Carpates, entre Hongrie et Roumanie, c'est une musique qui accompagne l'histoire des peuples, traduisant l'aspiration à la liberté qui a toujours caractérisé le peuple hongrois. L'improvisation et la liberté musicale reflètent cette aspiration. La plupart des pièces jouées par les tziganes sont des partitions signées par un compositeur, mais l'écart est souvent grand entre la partition et son exécution et cette dernière seulement donne une image juste de la tradition. La part de la variation et de l'improvisation est essentielle. C'est là que le Tzigane est excellent.
| | Les musiciens tziganes commencent très jeunes à jouer sur les instruments que leurs ancêtres se sont transmis de génération en génération. Connaissant rarement la musique, ils ne savent pour la plupart, ni la lire, ni l'écrire, pourtant ce sont de véritables virtuoses du violon. Autrefois les tziganes jouaient à l'occasion des fêtes de village ou des mariages, alors qu'aujourd'hui, ils jouent essentiellement pour le folklore dans les restaurants, les hotels et les lieux touristiques en délaissant un peu la tristesse et la mélancolie qui caractérise tant la musique tzigane authentique pour mieux satisfaire les touristes . |
La composition d'un ensemble tzigane: | Tarogato : Instrument en bois, ancêtre de la clarinette. | En général, un ensemble tzigane est formé d'un 1er groupe de violons qui interprête la ligne mélodique, alors qu'un 2ème groupe du même instrument marque l'accompagnement, d'un alto et d'une contrebasse. Un cymbalum est fréquemment utilisé ainsi qu'un tarogato et une balalaïka. Autrefois, on utilisait les mains pour battre les rythmes, mais les jeunes générations ont introduit des instruments à percussion tel que le camarron ou le triana...
| Balalaïka : Instrument de musique du type guitare ou luth. Le manche, long, supporte 3 cordes que l'on pince avec un plectre. Deux de ces cordes sont accordées à l'unisson, et la troisième à la quarte. |
| | Il faut donc distinguer, d'une part, le véritable folklore hongrois; ensuite la musique instrumentale dite verbunkos, nettement tziganisée dans laquelle on peut déceler des influences Turques ; enfin, une musique populaire hongroise généralement jouée à la façon Tzigane et beaucoup plus proche du style verbunkos que du folklore autochtone.
|

L'hymne National Hongrois |  | La musique de l'hymne nationalde Hongrie est celle du compositeur-chef d'orchestre Ferenc Erkel (1810-1893), lauréat du concours lancé en 1844 pour la mise en musique du chant national. Les paroles sont dues à Ferenc Kölcsey (1790-1838), grand poète des réformes hongroises. Cet hymne fut interprété pour la première fois sur la scène du Thêatre national de la Hongrie seulement en 1903. |
Le poème se compose de huit strophes mais, lors des cérémonies officielles, on ne joue ou chante généralement que la première. | Bénis le hongrois , O seigneur, Fais qu'il soit heureux et prospère, Tends vers lui ton bras protecteur Quand il affronte l'adversaire ! Donne à qui fut longtemps broyé, Des jours paisibles et sans peine; Ce peuple a largement payé Pour les temps passés ou qui viennent. | | | Que de fois, sur l'amas sanglant Des cadavres de nos armées, Par les cris orgueilleux d'Osman La victoire fut proclamée! Que de fois, O patrie, enfin, Tes propres enfants t'attaquèrent! Et par leurs crimes tu devins L'urne funèbre de leurs frères. | Aux Carpates, sur ton conseil, Nos aïeux osèrent s'étendre. Quelle belle place au soleil Tu aidas nos pères à prendre ! Aussi loin que de la Tisza Et du Danube le flot danse, Aux fils héroïques d'Arpad, Tu as prodigué l'abondance ... | | | Fuir! Mais d'asile il n'est point Contre le fer et sa furie. Dans son propre pays, en vain Le fuyard cherchait sa patrie. Il allait par monts et par vaux, Pour compagnon, douleur et doute, Pour horizon du sang à flots, Et des flammes pour clef de voûte. | Tu fis onduler, à l'instar Des mers, les épis dans nos plaines, Et tu permis que du nectar De Tokay, nos coupes soient pleines. Grâce à toi, nos drapeaux ont pu Flotter chez le Turc en déroute, Les murs de Vienne être rompus Par Matyas et ses noires troupes. | | | Là, ces ruines furent un fort, Autrefois y régnait la joie. A sa place, un râle de mort Et des plaintes de coeur qu'on broie. La liberté ne fleurit point, Hélas dans le sang des victimes! Les yeux de l'orphelin sont pleins Des pleurs de ceux que l'on opprime. | Hélas! nos fautes, trop souvent, Ont fait éclater ta colère, Et de tes nuages ardents Tu as fait jaillir le tonnerre. Alors ce furent les Mongols, Leur dards sifflants et leur pillages, Puis le Turc qui sur notre col Posa le joug de l'esclavage. | | | Prends pitié du Hongrois, Seigneur! Si souvent il fut dans les transes! Tends vers lui un bras protecteur Dans l'océan de ses souffrances! Donne à qui fut longtemps broyé Des jours paisibles et sans peines. Ce peuple a largement payé Pour les temps passés ou qui viennent. | Adaptation de: Jean Rousseau 1962. |
| |